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Ce que pèse le mémoire technique dans la note

Publié le 08/09/2026 · lecture 7 min · Le Bureau des Artisans

Beaucoup d'entreprises du bâtiment pensent qu'un marché public se gagne au prix. C'est vrai à moitié. Dans les procédures adaptées, qui concernent la plupart des lots de bâtiment, la valeur technique pèse souvent entre 40 et 60 % de la note. Et la valeur technique, c'est le mémoire technique. C'est le seul endroit où une entreprise de dix personnes bat une entreprise de cent.

Un exemple chiffré

Deux offres sur un lot de couverture, critères à 50 % prix et 50 % valeur technique, avec la formule de prix la plus courante (la note de prix est proportionnelle au rapport entre l'offre la moins chère et l'offre notée).

OffrePrixNote prix / 50Note technique / 50Total / 100
A, mémoire générique100 000 €50,030,080,0
B, mémoire écrit pour le chantier105 000 €47,642,089,6

B est 5 % plus chère et gagne largement. Douze points d'écart sur la valeur technique, c'est ce qui sépare un document recopié d'un document qui parle du chantier. Ce n'est pas rare, c'est la norme.

Le tableau vaut pour une formule de prix linéaire. D'autres acheteurs notent le prix autrement, avec des écarts plus ou moins marqués. Le principe ne change pas : un écart de prix se rattrape, un écart technique beaucoup moins.

Ce que l'acheteur note

Le règlement de la consultation détaille les sous-critères et leur poids. On retrouve presque toujours :

Les erreurs qui plombent

Le mémoire générique, copié d'une consultation à l'autre, où le nom du chantier n'apparaît pas. Les quarante pages de plaquettes fournisseurs. L'absence de planning. Des équipes anonymes, sans noms ni qualifications. Des moyens qui contredisent les prix du DPGF. Un sous-critère oublié, qui vaut zéro. Un document que l'acheteur ne peut pas lire en dix minutes.

Comment on le construit

  1. Le plan suit les critères. Les sous-critères du règlement, dans le même ordre, avec les mêmes intitulés. L'acheteur retrouve ce qu'il note.
  2. Une page « ce que nous avons compris du chantier ». Site occupé ou non, accès, hauteur, météo, périodes contraintes, voisinage. C'est ce qui prouve que vous avez lu le dossier.
  3. Les moyens humains, nommés. Organigramme du chantier : conducteur de travaux, chef d'équipe, compagnons, qualifications, cartes BTP, habilitations.
  4. La méthodologie par phase, avec les points de vigilance propres au lot : protection provisoire et bâchage en couverture, points singuliers et relevés en étanchéité, dépose et évacuation, remise en état.
  5. Le planning, même simple, cohérent avec le délai de l'acte d'engagement.
  6. Sécurité, qualité, déchets : ce que vous faites vraiment, pas ce que vous avez lu.
  7. Dix à vingt pages, des photos de vos propres chantiers, un plan d'installation de chantier. Pas plus.
  8. Une dernière lecture du règlement : le nombre de pages maximal, le format et parfois la police exigés y figurent. Un mémoire hors format peut être écarté sans être lu.

Ce que vous fournissez, ce que je fais

Vous : vos modes opératoires, vos équipes, votre matériel, vos références et vos photos. Moi : la structure, l'écriture, l'adaptation au chantier, la cohérence avec vos prix et vos délais, et la relecture avec vous. Le mémoire technique seul coûte 620 € HT ; il est compris dans chaque réponse à appel d'offres des forfaits. Et quand le marché est perdu, je demande les notes et les motifs : c'est la meilleure école pour le suivant.

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