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Un DPGF rendu propre dans le fichier du maître d'œuvre, pas un devis à côté
La scène est courante. Une entreprise reçoit un dossier de consultation avec un fichier Excel appelé DPGF. Le gérant chiffre dans son logiciel, imprime son devis à en-tête, le joint à la réponse et laisse le fichier de l'acheteur vide ou à moitié rempli. L'offre part à l'heure. Elle est écartée, ou classée dernière, sans que personne n'ait vraiment regardé les prix.
Trois cadres, trois logiques
- DPGF, décomposition du prix global et forfaitaire. Le marché est à prix forfaitaire : vous vous engagez sur le total, les quantités indiquées sont un cadre de décomposition. C'est le cas le plus fréquent en bâtiment.
- BPU, bordereau des prix unitaires. Le marché est à bons de commande ou en accord-cadre : vous vous engagez sur chaque prix unitaire, les quantités viendront avec les commandes. Typique de l'entretien et des petits travaux récurrents.
- DQE, détail quantitatif estimatif. Il accompagne souvent le BPU : des quantités estimées appliquées à vos prix unitaires, pour comparer les offres. Il n'engage pas sur les quantités.
Pourquoi l'acheteur impose son fichier
Pour comparer les offres ligne à ligne et traiter tous les candidats de la même façon. Un devis à en-tête, avec vos propres libellés et votre propre découpage, ne se compare pas. Selon le règlement de la consultation, une offre qui ne respecte pas le cadre peut être déclarée irrégulière et écartée, ou l'acheteur peut demander une régularisation, s'il l'a prévue et s'il le souhaite. Ne comptez pas dessus.
Les sept erreurs qui coûtent le marché
- Remplacer le fichier par votre devis. Votre devis peut être joint en plus si le règlement l'autorise ; il ne remplace jamais le cadre.
- Modifier la structure ou les quantités. Si une quantité vous paraît fausse, posez la question à l'acheteur par la plateforme pendant la consultation. Ne corrigez pas dans votre coin.
- Laisser des lignes vides. Une ligne non chiffrée est lue comme un oubli, ou comme un prix compris dans les autres. Dans les deux cas vous perdez.
- Ajouter des options ou une variante non demandée. Sauf si le règlement les autorise, elles rendent l'offre irrégulière.
- Un total de DPGF différent du montant de l'acte d'engagement. L'incohérence saute aux yeux de l'acheteur et vous met en position de faiblesse.
- Une erreur de TVA. Les prix se donnent hors taxe ; le taux applicable est indiqué dans le dossier.
- Le mauvais format. Le fichier Excel demandé rendu en PDF, ou un Excel dont les formules ont été cassées.
La bonne façon de faire
Remplissez le fichier de l'acheteur, dans sa structure, sans rien déplacer. Vérifiez que les sous-totaux et le total se recalculent. Reportez le même montant dans l'acte d'engagement. Si vous avez des remarques (quantité douteuse, prestation absente), écrivez-les dans une note séparée, ou mieux, posez la question pendant la consultation : la période de questions se termine en général quelques jours avant la remise. Rendez le fichier dans le format demandé et gardez votre version de travail. Enfin, relisez le mémoire technique pour qu'il dise la même chose que vos prix : mêmes moyens, mêmes délais, mêmes prestations.
Et pour une consultation privée ?
Le même principe vaut. Le maître d'œuvre ou l'entreprise générale envoie souvent son propre cadre de devis, parfois un simple tableau. Remplissez-le, joignez votre devis à en-tête en complément si c'est utile, et vérifiez que les deux documents disent exactement la même chose : mêmes quantités, mêmes prix, même total.
Et les prix ?
Ils sont les vôtres. Mon travail consiste à reporter vos prix dans le cadre de l'acheteur sans en changer un centime, à contrôler les totaux et la cohérence avec l'acte d'engagement, et à vous signaler une ligne qui semble anormale. Vous décidez. C'est une règle de fond, écrite dans le contrat : je ne chiffre jamais.
Une réponse complète à un appel d'offres public coûte 950 € HT à l'acte, et deux à cinq réponses par mois sont comprises dans les forfaits.